Conseils pour l’après-jeûne

Et maintenant ?

Vous avez maintenant l’expérience de cette mini-épreuve, plus mentale que physique … Vous savez désormais que c’est simple, que vous vous en trouvez bien mieux, avec une appréciation nouvelle de la nourriture et plus généralement de vos centre d’intérêt…

Profitez-en pour vous poser quelques questions:

1 – quelles résolutions pour une autre cure ? La semaine prochaine ? Un peu plus tard ? Consultez votre calendrier pour choisir une date adaptée.

2- où en êtres vous du tabac ou de l’alcool ? Vous vous en sentez détaché(e), ne serait-ce pas le moment d’insister et de faire une vraie coupure ?

3 – Votre ressenti alimentaire a changé. La viande n’est plus un besoin physique, vous mettez à apprécier les légumes. Prolongez cette curiosié, il y a mille manières de profiter de ces végétaux délicieux. Et ça peut prendre de votre temps, mais ce n’est surtout pas du temps perdu …

4- La perte de poids … Si vous comptiez perdre des kilos, vous serez peut-être déçu(e). La perte de poids sur les jeûnes intermittents est marginale. Mais vos nouveaux comportements alimentaires (plus de grignotages, repas limités à un plat + un dessert), moins de sucreries, moins de besoin de sel) vont avec le temps prendre le relai très efficacement: le jeûne est un déclic, votre organisme se gèrera tout seul, intuitivement, et efficacement.

Quels sont nos vrais besoins alimentaires ?

Il faut considérer nos apports alimentaires sous l’angle qualitatif (valeur nutritive, vitamines, minéraux, etc), et sous l’angle quantitatif, arbitrairement traduit en Kilocalories…

C’est en mesurant les calories d’une ration, qu’on peut apprécier si cette ration correspond aux besoins, ou bien est hors normes, avec des risques pour la santé.

Pour une activité normale, une femme « consomme » environ 2300 kcalories, chiffre qui atteint 2600 kcalories chez un homme.

Une activité physique (métier pénible, pratique sportive) demande de 200 à 500 kcalories supplémentaires.

Tout apport au delà de ces chiffres est soit réexpédié dans les selles, soit accumulé dans l’organisme.

Notre alimentation moderne n’est pas raisonnable : portions exagérées, ajouts de sucres et de graisses « cachées », boissons-confiseries, grignotages permanents.

 En gros, nous dépassons de 200 à 500 kcalories par jour le quota de nos vrais besoins.

Parmi ces besoins, il en est de vitaux qu’il ne faut pas négliger : l’intestin lui-même, avec sa flore bactérienne, qui a besoin de 200 Kcal pour fonctionner et s’entretenir, et le cerveau, qui consomme 15 à 20% du glucose quotidien, soit encore 250 à 300 Kcal.

Tout le reste du corps peut jeûner pendant des heures et des heures, mais il faut penser à entretenir nos intestins et notre cerveau.

Ainsi, un jeûne raisonnable repose sur des repas réduits à minima (bouillon de légume, tisane, pomme), et la prise régulière de nutriments coupe-faim pour une énergie totale de 450 Kcal : c’est précisément ce qui se passe avec les raisins coupe-faim.

Les limites médicales du jeûne (jeûnes longs)

Le jeûne, c’est dangereux ?

Un adulte de 1,70 m, pesant 70 kg, possède environ 15 kg de réserve de graisse, de quoi tenir, s’il est en bonne santé, une quarantaine de jours de jeûne. Mais au-delà, la poursuite du jeûne consomme les protéines du corps. L’organisme catabolyse certains acides aminés qui peuvent être convertis en glucose au cours de la néoglucogenèse pour approvisionner le cerveau. Or les protéines sont stockées dans les muscles (dont le cœur).

Un suivi médical est vital à partir de la 4e semaine, suivant l’état de santé, les conditions du jeûne et la nature des réserves au départ.

Comme en témoigne l’histoire de 9 détenus de la prison de Cork (Irlande) en 1920, dont le jeûne a duré 94 jours ; l’organisme humain, jeune et en bonne santé, peut arriver à supporter un jeûne total (mais n’excluant pas la prise de liquides), non sans séquelles, pendant une période pouvant aller jusqu’à trois mois. Lors de la Grève de la faim irlandaise de 1981Bobby Sands est mort après 66 jours de jeûne, là ou Kieran Doherty est mort après 73 jours.

Exprimée en terme d’indice de masse corporelle (IMC), une valeur inférieure de 12 à 13 kg·m-2 est en principe synonyme de mort, bien que des récupérations aient été décrites chez des patients adultes jeunes dénutris présentant des IMC de l’ordre de 8 à 9 kg·m-2 . Un jeûne prolongé au-delà d’une certaine durée provoque immanquablement la mort. Cette durée varie selon les individus, et peut atteindre plus de 85 jours.

« Dans les limites définies (jeûne inférieur à trois semaines chez une personne de corpulence normale) le jeûne ne présente pas de danger. »

(source Wikipedia)

J’ai jeûné pour mieux supporter ma chimio …

“J’ai eu un cancer du sein, il y a cinq ans, qui a nécessité six séances de chimiothérapie. Après chacune d’elles, durant quatre jours, j’étais très affaiblie et épuisée. Chirurgien-plasticien, j’étais dans l’incapacité d’exercer… Je restais chez moi, allongée, avec des nausées, de forts maux de tête, une intolérance à toute odeur de nourriture, un goût métallique dans la bouche, des aphtes et une constipation importante due aux antivomitifs.

En mai dernier, lorsqu’une récidive ganglionnaire a été diagnostiquée, avec le même protocole de chimiothérapie, j’ai cherché comment mieux les supporter. Je voulais rester active, travailler, prendre mon traitement à bras-le-corps, sachant que c’est d’autant plus difficile moralement que l’on connaît les effets secondaires que l’on va subir. J’ai beaucoup lu sur l’alimentation et le cancer, ainsi que sur l’effet du jeûne court, de deux ou trois jours, pratiqué avant les chimios, notamment les études menées aux États-Unis par le Dr Valter Longo. Étant médecin, cela m’a semblé logique de laisser le système digestif totalement vide avant une chimiothérapie, afin de prévenir les effets secondaires digestifs.

Mon oncologue était sceptique et peu favorable. Les oncologues redoutent que l’on perde du poids et que les forces nous manquent pour « tenir » face aux traitements. On s’est néanmoins mis d’accord pour que j’essaie. Jusqu’alors, je n’avais jamais jeûné de ma vie… Je ne suis pas une adepte et je considère d’ailleurs qu’au-delà de 48 à 60 heures, on peut se mettre en danger. À aucun moment, je ne l’ai envisagé comme un moyen de traiter mon cancer, mais comme une aide pour tenter à la fois de diminuer le plus possible les effets secondaires de la chimio et augmenter son efficacité sur les cellules cancéreuses.

Suite de cet article paru dans TOP SANTE:

https://www.topsante.com/medecine/cancers/cancer/j-ai-jeune-pour-mieux-supporter-ma-chimio-609054